Avant de vous marier il faut toujours faire les examens prénuptiaux. C’est le conseil que donnent plusieurs médecins aux personnes qui veulent convoler en justes noces, ce dans le but de bien connaître le corps de son ou sa partenaire et éviter de faire face à des surprises désagréables. Et parmi les surprises désagréables que l’on peut rencontrer, il y a l’absence de l’utérus chez la femme épousée. Et oui, selon la médecine, il y a certaines femmes sur la planète terre qui naissent sans utérus, un organe où grandit le bébé pendant la grossesse.
Mais comment cela est-il possible ? Comment appelle-t-on ce phénomène ? Nous avons posé ces questions et bien d’autres un médecin pour en savoir plus. Notre interlocuteur s’appelle Gaël MISAKU, il est médecin généraliste basé à Lubumbashi dans la province du Haut Katanga, au sud de la République Démocratique du Congo.
243 Santé News : Comment appelle-t-on ce phénomène qui fait que certaines femmes naissent sans utérus ?
Docteur Gaël MISAKU : L’absence de l’utérus est appelé syndrome de Rokitansky kuster.

243 Santé News : Comment expliquez vous cela ? Quelles en sont les causes ?
Docteur Gaël MISAKU : Ce sont des phénomènes génétiques qui expliquent tout ça lors de la vie intra utérine et kuster et d’autres anomalies peuvent s’observées, notamment des malformations utérines (utérus bicorne, didelphe…).
243 Santé News : Avez-vous une idée du pourcentage des femmes dans le monde qui sont dans ce cas ?
Docteur Gaël MISAKU : L’incidence de ce syndrome est d’une femme sur 4500 femmes ( c’est un phénomène très rare ).
243 Santé News : Comment le détecter cette anomalie ?
Docteur Gaël MISAKU : Pour la détecter, il faut faire au minimum une échographie pelvienne au minimum, mais avec assez des moyens on peut réaliser aussi l’IRM ( imagerie par résonance magnétique).

243 Santé News : Est-ce que cette anomalie est-elle guérissable ?
Docteur Gaël MISAKU : Oui, elle peut être guérie par la greffe d’un utérus compatible.
243 Santé News : Peut on considérer cela comme une maladie ou c’est un fait naturel ?
Docteur Gaël MISAKU : C’est une anomalie purement congénitale qui donne une aménorrhée primaire. Pour ceux qui ne le savent pas l’aménorrhée primaire correspond à l’absence des règles à l’âge de 15 ans chez des patientes qui ont une croissance normale et des caractères sexuels secondaires.

Lors de notre échange téléphonique, le docteur Gaël MISAKU nous a également donné quelques exemples des greffes utérines sur deux femmes atteintes du syndrome de Mayer Rokitansky-kuster Hauser :
1. Le pionnier mondial : L’équipe suédoise (2014)
C’est en Suède, à l’Université de Göteborg sous la direction du Professeur Mats Brännström, que la toute première naissance vivante après une greffe d’utérus a eu lieu en septembre 2014. Bien que la toute première donneuse de ce programme historique fût une amie proche de la famille (âgée de 61 ans), le protocole suédois a rapidement inclus plusieurs duos mère-fille.
2. Le premier cas français : Déborah et sa mère Brigitte (2019), la première greffe d’utérus de l’histoire de la médecine française a été réalisée en mars 2019 à l’Hôpital Foch (Suresnes) par l’équipe du Pr Jean-Marc Ayoubi.
En février 2021, Déborah a donné naissance à une petite fille nommée Misha. Preuve du succès exceptionnel et de la viabilité de l’organe greffé, elle a pu mener une seconde grossesse et a accouché d’un deuxième enfant (Maxine) en février 2023.
Dave NGONDE

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