Le 12 septembre de chaque année la planète célèbre la journée mondiale des Premiers Secours. Et pour ce fait, votre média a interrogé un de ses consultants pour savoir comment doit réagir immédiatement un témoin qui est face à une personne qui a inhalé de la fumée et qui éprouve des difficultés à respirer et quelles erreurs doit surtout éviter ce témoin.

Selon notre consultant, le docteur Gaël MISAKU, médecin généraliste basé à Lubumbashi dans le Sud de la République Démocratique du Congo, face à une victime d’inhalation de fumée en détresse respiratoire, ‹‹ la rapidité et le calme du premier témoin sont très essentiels ››. Ainsi le docteur Gaël MISAKU a étalé les gestes d’urgence à effectuer immédiatement :

1. Sécuriser la zone (sans se mettre en danger) :
Ne pas pénétrer dans un local enfumé sans équipement de protection. Si la victime est dans un endroit enfumé et accessible en toute sécurité, elle doit être évacuée immédiatement vers l’air libre. Sinon, ouvrir les fenêtres ou les casser si possible et quitter les lieux.
2. Avertir ou faire avertir les secours : appeler sans attendre les services d’urgence (les pompiers ou le service médical d’urgence local) en précisant qu’il s’agit d’une intoxication par les fumées de combustion. Malheureusement en République Démocratique du Congo, les services de secours ne sont pas encore disponibles, le gouvernement actuel travaille dessus pour mettre en place le SAMU.
3. Placer la victime en position semi-assise : Si la personne est consciente, il faut l’adosser contre un mur ou tenue par des coussins, le buste relevé. Cette position libère la cage thoracique et facilite la respiration.
4. Desserrer les vêtements : desserrer le col, la cravate, la ceinture ou tout vêtement ajusté qui pourrait entraver la respiration.
5. Rassurer et surveiller : rester à ses côtés, l’inciter à respirer calmement et surveiller continuellement son état de conscience ainsi que sa respiration.
6. Mettre en PLS si inconscience : Si la victime perd connaissance mais continue de respirer normalement, la tourner délicatement sur le côté en Position Latérale de Sécurité (PLS) pour maintenir ses voies aériennes libres, de préférence du côté gauche puis réévaluer sa respiration jusqu’à l’arrivée des secours.

Le docteur Gaël MISAKU a également fait savoir les erreurs majeures à éviter :
1. Donner à boire ou à manger : (risque de fausse route ou de vomissements étouffants).
2. Faire vomir la victime : le vomissement risque de faire passer des toxiques ou des suies dans les poumons, ce qui aggraverait gravement l’asphyxie.
3. Allonger la personne à plat dos : Si la personne est consciente, l’allonger à plat augmente sa sensation d’étouffement et le travail respiratoire.
4. Mettre sa propre vie en danger : ne pas se précipiter au milieu d’une pièce saturée de fumée toxique ou en feu sans protection adaptée avec risque de devenir une seconde victime.
5. Sous-estimer la situation : même si la personne semble aller mieux après quelques minutes à l’air libre, les lésions respiratoires dues aux gaz toxiques (monoxyde de carbone, cyanure) ou aux brûlures thermiques peuvent s’aggraver brutalement plusieurs heures plus tard. Une évaluation médicale reste indispensable.
6. Entourer la victime par plusieurs personnes, la mauvaise habitude de la foule, le mieux c’est d’éviter cela et de permettre une bonne aération de la victime et une récupération rapide.

‹‹ Faire des challenges sur les réseaux sociaux avec des extincteurs c’est bien, mais il faut savoir s’en servir et surtout il faut connaître les soins de premier secours car le pire actuellement en RDC, c’est la non assistance à la personne en danger car, avec la technologie de téléphonie mobile les gens tardent à aider mais se précipitent pour filmer et avoir des vues et des likes ››, a conclu le docteur Gaël MISAKU avec regret.
Dave NGONDE

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