Les autorités sanitaires de la République Démocratique du Congo ont échangé avec la presse le mardi 15 septembre 2026 lors du traditionnel briefing coordonné par le ministre de l’intérieur Patrick MUYAYA KATEMBWE.
Selon nos confrères de actualité.cd, la nouvelle portant sur le pic épidémique est désormais dépassée : la courbe est dans sa phase descendante. Cette information, donnée à l’issue d’une réunion technique d’évaluation de la riposte contre la maladie à virus Ebola qui sévit en RDC, avait suscité des vagues de réactions négatives et mitigées à l’endroit du gouvernement, au regard de l’ampleur de l’épidémie quatre mois après sa déclaration officielle.
De retour de Bunia, dans la province de l’Ituri, où il a effectué une mission de terrain pour palper du doigt les réalités de la riposte, Jean-Jacques MUYEMBE, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), a pris part, mardi 15 septembre 2026 au briefing presse consacré à la mise au point sur l’épidémie, quatre mois après sa déclaration. Interrogé sur ce sujet, le virologue congolais a, d’entrée de jeu, expliqué la notion de pic dans le cadre des épidémies, avant d’aborder spécifiquement la situation de l’épidémie en RDC.

« Quand nous parlions des pics, c’est sur le plan national. Donc, en mettant toutes les provinces ensemble, on met tous les nombres ensemble. Et là où il y a une incidence la plus élevée, suivie d’une baisse, c’est ça le pic. Donc, la courbe monte, atteint un plateau, puis commence à descendre. Le plateau-là, c’est ça le pic », a expliqué le docteur Jean-Jacques MUYEMBE, qui était aux côtés de Patrick MUYAYA, porte-parole du gouvernement, et du professeur Placide MBALA.
Revenant sur la RDC, le virologue congolais a précisé que le pic dont il est question dans le cadre de cette épidémie concerne seulement la province de l’Ituri et non l’ensemble des provinces touchées par l’épidémie.
« Si vous mettez tout ensemble, ce sera un peu difficile. Au Nord-Kivu, pour le moment, par rapport à la province de l’Ituri, le pic est derrière nous. Nous sommes sur la pente descendante, mais nous espérons que cette pente descendante va continuer jusqu’à arriver au niveau zéro », a déclaré le docteur Jean-Jacques MUYEMBE.
Si hier l’épicentre était la province de l’Ituri, actuellement, c’est la province du Nord-Kivu. Selon le virologue congolais, cette province est actuellement dans une phase ascendante, au regard du taux élevé de cas enregistrés.
« Mais au Nord-Kivu, la pente est encore une pente montante. Elle n’a pas encore atteint le plateau. Oui. Et donc, si nous mettons tout ensemble, c’est difficile de faire la distinction. Mais nous, si nous séparons les provinces, nous nous rendons compte qu’en Ituri, nous sommes vraiment sur la pente descendante, tandis qu’au Nord-Kivu, c’est la pente montante. Et il ne faut pas vraiment simplement tenir compte du nombre de cas accumulés, parce que dans ces cas accumulés, il y en a qui ont déjà atteint 21 jours, 42 jours. Ils sont sortis mais dans nos statistiques, ces cas figurent encore sur la liste. Et donc, si nous enlevons ceux qui sont morts, ceux qui sont guéris, vous allez voir que votre courbe fait ceci, puis commence à descendre », a fait savoir le docteur Jean-Jacques MUYEMBE.
Ces statistiques actuelles sont à la base de l’espoir qui renaît depuis la déclaration officielle de cette épidémie. Toutefois, le virologue congolais insiste sur la prudence et rappelle que le contrôle de l’épidémie constaté dans certains endroits ne signifie pas la fin de la maladie.
Pour rappel, la République Démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, provoquée par le virus Bundibugyo. Déclarée officiellement en mai 2026 dans la province de l’Ituri, cette nouvelle flambée s’est progressivement étendue à plusieurs provinces du pays. Selon les autorités sanitaires et leurs partenaires, sept provinces et plus de 60 zones de santé sont désormais touchées, faisant de cette épidémie une crise sanitaire d’ampleur nationale.

La progression du virus intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations, d’importants mouvements de personnes et des capacités limitées dans certaines structures de santé. À ces difficultés s’ajoutent les problèmes de confiance et d’adhésion de certaines communautés aux interventions sanitaires, susceptibles de compliquer la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, l’identification rapide des cas et la prise en charge des personnes infectées, conclut actualité.cd
La rédaction

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