20 août/JM du moustique  : le docteur Gaël MISAKU donne quelques chiffres du paludisme et explique comment faire pour s’en protéger

Le 20 août de chaque année, le monde célèbre la Journée Mondiale du moustique. Une journée qui rappelle notamment le rôle du moustique dans la transmission du paludisme. En République Démocratique du Congo, cette maladie reste un problème important de santé publique, malgré l’arrivée du vaccin antipaludique. Alors, que faut-il savoir aujourd’hui sur la lutte contre le paludisme ? avec l’arrivée du vaccin contre le paludisme, est-ce que les enfants sont désormais mieux protégés contre cette maladie ? Et à Kinshasa, que doit faire la population pour éviter les moustiques et réduire les risques de paludisme ?

Nous avons posé ces question à l’un de nos consultants. Il s’agit du docteur Gaël MISAKU, médecin congolais basé dans la ville de Lubumbashi, au Sud de la République Démocratique du Congo.

Docteur Gaël MISAKU

Selon le docteur Gaël MISAKU, le paludisme est un problème majeur de santé publique, dans le monde, en Afrique et particulièrement en République Démocratique du Congo.
‹‹ Selon le journal de l’OMS sur le paludisme publié le 04/02/2026, l’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’il y a eu 282 millions de cas de paludisme, dont 610000 décès en 2024. C’est dans la région africaine où se concentrent 94% des cas de paludisme et 95% des décès dont 438000 enfants.

La lutte contre le paludisme repose sur :
1. La vaccination chez les enfants : L’arrivée des vaccins contre le paludisme retenus par l’OMS ; les RTS,S et R21 font baisser d’environ 75% le nombre de cas de paludisme et la mortalité a baissé de 13% chez les enfants en âge requis pour en bénéficier.
Le programme élargi de vaccination RDC a déjà ajouté 4 doses de vaccin anti paludique (VAP):
– Le vap 1,  à 6 mois
– Le vap 2, à 7 mois
– Le vap 3, à 8 mois
– Le vap 4, à 15 mois

2. La chimioprophylaxie à la sulfadoxine pyrimethamine chez la femme enceinte au cours des consultations prénatales, en 4 doses:
– Première dose à 16 semaines d’aménorrhée
– Deuxième dose entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée
– Troisième dose à 32 semaines d’aménorrhée
– 4e dose à 36 semaines d’aménorrhée
NB: les femmes séropositives qui ne reçoivent pas le cotrimoxazole doivent recevoir aussi les 4 doses de sulfadoxine pyrimethamine.

3. L’utilisation correcte de la moustiquaire imprégnée d’insecticide: l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide est très capitale car les moustiques piquent principalement la nuit lorsqu’on est en plein sommeil.
L’utilisation correcte de mousquetaires est d’une grande aide pour la prévention du paludisme ››, a-t-il dit.
Et de poursuivre :
‹‹ Il faut souligner que les moustiquaires imprégnées d’insecticide sont gratuites et malheureusement certains agents de santé en vendent, et aussi on doit mettre l’accent sur l’utilisation correcte, il y en a au lieu d’en utiliser, ils en font des filets de pêche.

4. L’assainissement du milieu : désherbage, assurer la bonne évacuation des eaux usées, stagnantes afin de prévenir les gîtes larvaires et ainsi diminuer sensiblement la multiplication des moustiques et les cas de paludisme.
5. Le traitement curatif du paludisme : quant au traitement, le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) nous donne les directives pour la prise en charge du paludisme, du palus simple au grave, passant par le paludisme chez la femme enceinte ››, a expliqué le docteur Gaël MISAKU.

Le docteur Gaël MISAKU, conseille à la population congolaise en général et kinoise en particulier, d’assainir son milieu correctement, car l’insalubrité favorise la multiplication des moustiques.

Pour conclure il a indiqué que la vaccination est importante chez les enfants mais elle ne garantit pas la protection à 100%, car la clé de la prévention réside sur la salubrité de nos milieux d’habitation et l’utilisation correcte de la moustiquaire imprégnée d’insecticide.

Sachez que la Journée Mondiale du Moustique est célébrée chaque 20 août. Elle commémore la découverte historique de Sir Ronald Ross en 1897, qui a prouvé que les moustiques femelles transmettent le paludisme aux humains. Son but est de sensibiliser le public aux dangers de ces insectes et aux maladies qu’ils véhiculent.

Dave NGONDE

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