Pour savoir réellement ce qu’une personne vit, ressent ou pense il faut l’écouter, il faut échanger avec elle. Les membres de l’ONG Orph’Espoir l’ont compris et dans cette optique, ces derniers ont tendu, durant le mois de septembre 2026, leurs oreilles à l’endroit des femmes déplacées du quartier Pakadjuma, deguerpies en février 2026. Cette initiative de Orph’Espoir s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre de son projet: « SAFE HER : projet de réduction de la stigmatisation et amélioration de l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive des femmes professionnelles du sexe en République démocratique du Congo ».
ORPH’ESPOIR ASBL a ainsi placé l’écoute des cibles concernées au cœur de sa démarche. Des enquêtes et consultations de terrain ont été menées auprès des femmes déplacées à la suite de la délocalisation de Pakadjuma, notamment les professionnelles du sexe, au début du mois de septembre 2026 afin de mieux comprendre leurs réalités, leurs attentes et les difficultés auxquelles ces dernières sont confrontées. Cette étape de diagnostic participatif avait pour but de permettre de construire une intervention plus proche des besoins exprimés par les femmes elles-mêmes.

En effet, la délocalisation de Pakadjuma par les autorités de Kinshasa a profondément modifié l’environnement dans lequel vivaient et travaillaient de nombreuses femmes, notamment les professionnelles du sexe, premières bénéficiaires du projet SAFE HER. Le déplacement et la dispersion des communautés ont fragilisé les repères habituels et les réseaux de solidarité et face à cette nouvelle réalité ORPH’ESPOIR a choisi d’aller directement à la rencontre des femmes concernées plutôt que de concevoir le projet sans leur participation.
Les consultations ont réuni plus de 80 professionnelles du sexe et combiné échanges communautaires, entretiens individuels et collecte de témoignages. Cette démarche a permis de faire émerger leurs expériences, leurs préoccupations quotidiennes ainsi que leurs attentes en matière des services et des mécanismes d’accompagnement.

Les échanges ont notamment porté sur les principales thématiques qui structurent SAFE HER : les droits humains, la santé sexuelle et reproductive, le leadership, le plaidoyer et l’autonomisation financière. ORPH’ESPOIR a invité les participantes à faire connaître les difficultés rencontrées quant à l’accès à l’information et aux services de santé, leurs préoccupations en matière de dignité et de protection, ainsi que leurs attentes en ce qui concerne l’autonomie financière.
La démarche a également permis de mieux comprendre l’importance d’un accompagnement de proximité, porté par des femmes relais capables de maintenir le lien avec leurs pairs, de diffuser l’information et d’orienter les femmes vers les services appropriés.

Au-delà de la collecte de données, les entretiens individuels ont donné une place aux parcours et aux expériences personnelles. La collecte de témoignages a constitué l’épine dorsale de la documentation devant conduire au choix des priorités du projet.
Pour ORPH’ESPOIR, cette démarche impliquant directement les femmes déplacées de Pakadjuma est une manière pour l’ONG, de mettre les professionnelles du sexe au centre du projet en tant qu’actrices capables d’identifier leurs besoins, de proposer des solutions et de contribuer à leur mise en œuvre.

Les résultats et enseignements issus de cette phase préparatoire ont ainsi servi de base pour une bonne orientation des activités de SAFE HER. Les besoins de renforcement des femmes relais en droits humains, santé sexuelle et reproductive, leadership, plaidoyer et activités génératrices de revenus, ainsi que la sensibilisation communautaire et la communication ont été ainsi identifiés.
ORPH’ESPOIR entend ainsi s’engager dans l’accompagnement des AGR, le renforcement du référencement vers les services de santé et dialogue avec les personnels de santé afin de favoriser une prise en charge respectueuse, confidentielle et non discriminatoire.

Les enquêtes de terrain ayant constitué une première étape vers une meilleure compréhension des réalités vécues par les professionnelles de sexe ouvrent la voie à la construction de réponses plus adaptées. Selon ORPH’ESPOIR, l’enjeu est désormais de transformer cette connaissance en actions concrètes et durables, afin que les femmes puissent mieux acquérir les connaissances en matière des droits, d’accéder aux services dont elles ont besoin, de renforcer leur autonomie économique et de développer leur capacité collective à porter leur voix.
Sachez que ORPH’ESPOIR est une association sans but lucratif de droit congolais œuvrant pour la promotion des droits des femmes, jeunes filles et enfants impactés par la mauvaise gestion des ressources naturelles, ainsi que leur encadrement scolaire, professionnel et réinsertion socio-économique, plus précisément dans les milieux défavorisés et zones de conflits en République Démocratique du Congo (RDC).
Dave NGONDE

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