Une double épidémie de rougeole et de paludisme frappe l’île de Madagascar. Celle-ci a causé la mort de 37 enfants depuis le mois d’août à Ifanadiana, un district très enclavé du sud-est du pays. Selon RFI, le ministère de la Santé publique malgache a publié ce bilan il y a quelques jours, en précisant « qu’une forte proportion » de victimes avaient moins de 5 ans. Son action est vivement critiquée par le député local, qui dénonce un manque de réactivité malgré ses alertes répétées. Face à l’urgence sanitaire, les Nations unies opèrent en ce moment des vols de drones pour acheminer sur place vaccins et médicaments.
Radio France majorité informe également que la majorité des enfants sont décédés chez eux selon le ministère de la Santé, qui précise que certains souffraient de malnutrition et n’avaient jamais été vaccinés. Trente-quatre techniciens ont été dépêchés sur place le 18 septembre, selon la direction de la médecine préventive, pour réaliser les dépistages, vacciner et soigner les malades. Mais pour Haja DINAH, député du district d’Ifanadiana, cette riposte sanitaire a trop tardé.
« J’ai compris ce qu’il se passait le 9 septembre. J’en ai avisé le ministère de la Santé, mais dans un premier temps personne n’a voulu y croire. La gravité des épidémies a été minimisée. L’accès à la santé publique est déplorable, le gouvernement est irresponsable. L’épicentre de l’épidémie se trouve à 145 kilomètres de l’hôpital le plus proche, situé à Ifanadiana. Il faut un jour et demi de marche puis deux jours de tracteur pour y arriver ! », explique-t-il.

« Mais l’enclavement ne doit pas être une excuse pour fuir ses responsabilités. À côté, les ONG font de leur mieux pour épauler les habitants du district d’Ifanadiana malgré les contraintes. J’espère désormais que la population aura accès aux soins et aux médicaments dans la durée, même après que ces épidémies auront été fixées », ajoute le député.
Trois drones, opérés par le Fonds des Nations Unies pour la population, parcourent cette distance en une heure seulement, du chef-lieu de district vers les localités touchées. Un précieux gain de temps pour parer à l’urgence, explique le chef-pilote Radoniaina RATOVONDRIAKA.
« On a envoyé des sérums, des vaccins, des intrants contre le paludisme. On a même envoyé des équipements informatiques tels que des Starlink ou des powerbanks par drones pour pouvoir assurer le bon fonctionnement du centre de santé d’Ampasinambo. Un agent de santé sur place est avisé de l’heure d’arrivée du drone et se tient prêt à réceptionner le colis largué par parachute. Le ministère de la Santé est satisfait de leur impact : nous pouvons envoyer très rapidement les intrants urgents », détaille-t-il.
Vingt-six vols ont été organisés en l’espace de dix jours et d’autres sont prévus cette semaine dans le cadre de ce dispositif de livraison de produits médicaux mis en place début 2025 dans la région. Le ministère de la Santé indique pour sa part que la situation est « totalement maîtrisée », conclut RFI.
La rédaction

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